Penser la mobilité durable : le vélo

By: paul segado

Changer notre manière de se déplacer et penser autrement nos habitudes de mobilité deviennent indispensables pour réussir la transition énergétique à tous les niveaux. La problématique d’une mobilité plus durable doit alors être mise au cœur des politiques des territoires mais aussi des initiatives personnelles, et le vélo représente une réelle solution !

Le vélo : Une solution gagnant-gagnant

Le vélo est un moyen de transport doux. Comme la marche, il n’utilise que l’énergie du corps humain ce qui représente les moyens de déplacements les plus durables. Cependant, les français, contrairement à d’autres pays européens, peinent à l’utiliser dans leurs déplacements quotidiens. Ils ne représentent que 3% dans certains territoires, même si cela peut monter jusqu’à 15% dans de rares endroits. La voiture reste, sans surprise, le moyen de transport le plus utilisé.

Pourtant, le vélo est un incroyable levier de transition. Il représente une réponse sérieuse et pertinente aux problématiques de la pollution de l’air et du réchauffement climatique, mais aussi en ce qui concerne la santé des personnes. Ses bénéfices multiples poussent certaines associations à mener des campagnes afin de viser l’objectif 12% d’ici 15 ans.

Ce moyen accessible, léger, flexible et autonome peut s’utiliser sur des trajets de courtes ou moyennes distances, et même sur de plus longues distance en se complétant aux transports en commun. Son adoption par les citoyens représente un réel enjeu quand on sait qu’environ la moitié des transports urbains sont inférieurs à 3 kilomètres.

Cette distance est parfaitement adaptée au vélo, et il semble s’imposer naturellement comme report potentiel de la voiture sur des trajets de ce type. Il peut réellement changer le visage de la mobilité sur de nombreux territoires si les moyens sont mis en œuvre pour faciliter son utilisation.

Des stratégies à adopter à toutes les échelles

Pour cela, il faut donc adopter une stratégie de report modale ambitieuse, non seulement à l’échelle locale des communes mais aussi en coopération avec les différents territoires. Sur le plan national, des mesures actives doivent aussi être prises en faveur des mobilités durables.

Par exemple, la Fondation Nicolas Hulot encourage la mise en place d’un plan d’investissement pour l’installation de garages à vélos sécurisés, de voies dédiées aux bus et aux vélos et d’aires de covoiturages aménagées. Depuis 2016, les Plans de Déplacement d’Entreprise (PDE) visent à encourager les changements de comportement. Par exemple, des Indemnités Kilométriques Vélos sont prévues pour les employés qui se déplacent à vélo, de l’ordre de 0.25€ par kilomètre.

Plus récemment encore, l’Etat a ouvert une prime d’aide à l’achat de vélos électriques. Celle-peut s’élever jusqu’à 200€ selon le prix du produit, et peut encourager de nombreux acheteurs qui hésitaient jusqu’alors à sauter le pas.

Le vélo à assistance électrique représente un potentiel levier considérable de report modal. En effet, il peut être considéré comme une alternative crédible à la voiture dans les territoires périurbains et même certains territoires ruraux dans la mesure où non seulement il permet d’allonger les distances, mais permet aussi de supporter des dénivelés sans effort.

De nombreuses études aient été publiées sur les bénéfices du vélo et l’urgence de changer de manière de se déplacer, notamment en ville pour baisser les niveaux de pollution, et les ventes sont encourageantes en ce sens. En 2013, l’Union Nationale de l’Industrie du Vélo avait annoncé que 2,8 millions de vélos ont été vendus en 2013, soit un million de plus que de voitures.

Cependant, de nombreux obstacles subsistent, comme la culture du vélo très peu développée en France, le manque d’équipements ou leur mauvaise qualité et leur inégalité d’accès, ou encore le manque de sécurité.

Sources : Fondation Nicolas Hulot, Union Nationale de l’Industrie du Vélo